Dans le feu de l’action je ne suis plus tout à fait moi-même. Sur scène, quelque chose prend le relais. Je ne réfléchis plus, je me laisse porter par un élan qui me guide, j’avance. Ce sont les jours d’après où je parviens vraiment à réaliser. Le corps est rentré, mais l’âme reste là-bas, quelque part entre deux dorures. Et dans ce calme qui suit la tempête, j’ai envie de revenir sur ce qui a fait la magie du deuxième acte : ces voix venues de Prague.
J’ai rencontré le Chœur Philharmonique de Prague pour travailler sur Your Inner World. Je vous avais parlé de ce morceau dans la Piano Scene #14. Pour la première fois, sur ce quatrième album solo, j’ai ajouté d’autres ingrédients que mon instrument seul. Pendant ces deux années de recherche mon langage de composition s’est développé et j’ai ressenti le besoin d’élargir les couleurs musicales avec lesquelles je souhaitais peindre.
Prague est une ville qui semble avoir été érigée sur fond de musique classique. J’ai décidé de m’y rendre pour enregistrer. Là-bas, la culture est omniprésente. J’aime particulièrement les sculptures de la ville, on dirait qu’elles portent le poids du monde sur leurs épaules.
Les musiciens que j’ai eu l’honneur de rencontrer à Prague cultivent une exigence sans arrogance. Un niveau de travail qui ne se vante pas mais se constate. Je me suis dit que la profondeur d’une ville se reflète sur les artistes qu’elle abrite.
J’ai organisé de nombreuses séances dans des lieux prestigieux de la capitale tchèque. Plus je capturais de la musique là-bas, plus j’avais envie d’en produire davantage. Je rentrais à Los Angeles, je m’isolais avec les idées qui m’animaient nuits et jours, et je reprenais l’avion pour enregistrer avec les musiciens que j’avais sélectionnés.
Je me suis particulièrement attaché à un chœur. En me concentrant sur l’écriture pour leurs voix angéliques, j’ai pu rendre beaux des moments difficiles survenus en 2025. Écrire pour des voix, c’est écrire pour une lumière collective. Ce n’est plus la solitude qui parle, c’est un ensemble. Elles sont un groupe de 30 talentueuses jeunes femmes, et j’ai eu envie de les inviter pour un concert à Paris.
L’acte 2 de l’Opéra Garnier était leur moment. La musique s’est ouverte, le piano a cessé d’être seul. Ce qui m’a ému, c’est leur regard. Elles entraient dans les couloirs de l’Opéra comme on entre dans un rêve qu’on n’ose pas toucher. Elles avaient travaillé avec une rigueur impressionnante sans jamais perdre cette magie dans les yeux. Et ça s’entendait. Parce que leurs voix sont pures et ne trichent pas.
Sur scène, vous les avez acclamées. Et après le show, elles sont venues me voir. Elles m’ont dit qu’elles se produisaient souvent, mais que c’était la première fois qu’elles vivaient de telles acclamations, qu’elles s’en souviendraient toute leur vie. Je souhaitais vous remercier pour l’accueil que vous leur avez offert. Elles le garderont pour toujours dans leurs cœurs et je sais qu’elles se construiront sur ce souvenir.
Au fond, ce que je cherche depuis le début dépasse la musique. Je ne veux pas seulement jouer. Je veux créer des instants qui rassemblent et qui tiennent. Des instants qui deviennent des repères, pour ceux qui les vivent, et pour ceux qui montent sur scène.
Ce quatrième album se révèle de plus en plus à vous, indice après indice. Et je prends beaucoup de plaisir à vous inclure au moment où tout se fabrique.
Sincerely,
Sofiane Pamart
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La culture comme expérience du Beau, le Beau comme prétexte à la croisée des cultures. J'espère voir ce genre d'initiatives prendre de l'ampleur. Merci pour le partage
Merci de nous faire partager vos ressentis... J'ai l'impression de toucher un peu plus votre sensibilité, votre vécu et vous me permettez de rentrer dans votre monde . Merci