Le bâtiment mythique des Village Studios, autrefois temple dans les années 1920, vibre des décennies d’artistes qui ont laissé des fragments de leur âme dans ses murs. Les couloirs sont longs, les plafonds élevés, les pièces pensées pour écouter. Les machines ronronnent, les câbles s’enroulent comme des lianes, et il flotte dans l’air une forme de respect presque religieux.
Je cherchais un endroit où enregistrer le premier morceau de l’album.
Un morceau né chez moi, ce jour presque irréel où sa mélodie m’est apparue.
Je m’étais couché au lever du soleil, après des heures passées entre le son et le silence, à regarder les nuages se teinter d’or sous mes yeux.
Quand les nuages recouvrent les collines, ma maison disparaît complètement au-dessus d’eux, comme un château dans le ciel.
La ville s’efface et je vis suspendu quelque part entre la terre et le ciel. Seul mon piano demeure, flottant dans une mer blanche de lumière.
Ébloui par tant de beauté, j’ai fait ce que je fais toujours quand les émotions deviennent trop vastes pour être nommées : je suis allé au piano.
J’ai appuyé sur une touche, puis sur une autre.
Doucement, la première mélodie est apparue.
Lors de cette première session aux Village Studios, j’ai découvert une chose essentielle. Jouer une mélodie avec sincérité au moment de sa naissance est une chose ; la reproduire pour l’enregistrement en est une autre.
J’ai passé des heures à creuser pour atteindre la justesse dans l’émotion.
Une bonne prise ne consiste pas à jouer chaque note parfaitement.
Il faut ressentir l’espace dans lequel la mélodie respire, retrouver cet instant où l’émotion est vraie, brute, indomptée.
Un instrument de musique est d’une transparence absolue.
Chaque nuance, chaque hésitation, chaque infime inflexion du cœur devient audible.
Il n’y a aucun masque. Le piano révèle.
Alors, quand la lumière rouge s’est allumée, j’ai pris une grande inspiration.
Je me suis rappelé que le studio n’est pas seulement une salle d’enregistrement, c’est un miroir.
J’ai réalisé la prise parfaite après avoir atteint un état de concentration et d’émotion profond, à la hauteur de l’ambition que je me suis fixée pour ce quatrième album.
Ce morceau ouvrira l’album.
Il s’intitulera : « Sunrise In Your Eyes ».
Sincerely,
Sofiane Pamart
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hâte de le découvrir !
J'attends avec impatience devant le théâtre femina... Avant l'heure cette fois. Vêtu d'un voile écru doré 😘💖