Sept jours.
Je dors peu. Je sens que quelque chose arrive et se sépare de moi. J’ai mis tellement d’amour dans cet album. Il a été ma raison d’être pendant deux ans et demi. Les insomnies au piano, les doutes qui rongent, les certitudes qui reviennent, les versions abandonnées, les mélodies qui résistent, les élans d’inspiration, les longs voyages, les sessions avec des artistes que j’admire, les choix difficiles, les renoncements nécessaires. Tout ça converge vers un seul point. Une date. Jeudi prochain. Minuit.
J’ai des flashbacks. Des moments de création qui remontent sans prévenir. Un studio à New York en pleine nuit. Une mélodie trouvée au lever du soleil. Un regard échangé avec un artiste quand on sait tous les deux que la prise est la bonne. Je savoure chaque jour car ces derniers instants passent trop vite. Je veux que le 17 arrive et en même temps, ce que je ressens tant que l’album est encore secret est unique. Aucun single n’a été révélé. Chaque minute de l’album aura sur vous l’effet d’une première fois.
Je suis heureux, excité, fier.
Et il y a cette conscience que tout va changer de manière irréversible. Tant que l’album n’est pas sorti, il m’appartient. Je le connais par cœur. Je sais ce qu’il contient, ce qu’il cache, ce qu’il promet. Dans sept jours, il ne sera plus à moi. Il sera à vous. Vous allez l’écouter avec vos histoires, vos émotions, vos joies, vos souvenirs. Vous allez créer des liens entre cette musique et des moments de votre vie que je ne connaîtrai jamais. L’album va vivre autant de vies qu’il aura d’auditeurs. Et je n’aurai plus aucun contrôle là-dessus.
C’est vertigineux. Et c’est exactement ce que j’espère.
Il y a une forme de séparation dans la sortie d’un album. On laisse partir quelque chose qu’on a porté seul pendant longtemps. Quelque chose d’intime, de fragile, qu’on a protégé du monde extérieur pendant des mois. Et un matin, on ouvre la porte. On dit : tenez, c’est pour vous. Prenez-le. Faites-en ce que vous voulez.
J’ai fait quelques écoutes privées ces derniers jours, pour la qualité des échanges avec les journalistes qui écrivent en ce moment au sujet de l’album. C’est passionnant. Il y a tant à dire sur ces vingt morceaux. Tant de couches, tant d’anecdotes derrière chaque scène.
Je repense aux premières notes jouées dans ma maison de Los Angeles. Le soleil se levait. Je ne savais pas encore que ce thème deviendrait « Sunrise In Your Eyes ». Je ne savais pas que j’enregistrerais à Prague, à New York, à Londres. Je ne savais pas que quatorze artistes extraordinaires entreraient dans ce film. Je composais. Je rêvais. J’imaginais les meilleurs scénarios pour ma musique. Je suivais mon intuition.
Deux ans et demi plus tard, cette intuition est devenue vingt morceaux. Soixante-trois minutes. Un casting. Un orchestre. Un chœur. Six villes. Huit studios. Et bientôt, des milliers de mains qui ouvriront un vinyle, un cd, qui lanceront la première piste.
J’imagine certains d’entre vous écouter l’album sur les plateformes de minuit à une heure trois, dans la nuit de jeudi à vendredi. D’autres attendront de recevoir leur objet, de le tenir entre les mains avant de lancer la première note.
Je ne sais pas ce qui se passera dans sept jours. Je ne sais pas comment cet album sera reçu. Ce que je sais, c’est que chaque note est à sa place. Que chaque respiration a été pesée. Que je n’ai rien gardé pour moi. Et cette certitude d’artisan, elle suffit à me sentir en paix.
Sincerely,
Sofiane Pamart
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À la fois Merci Sofiane et non plus de messages vous concernant, plus de mots à lire ? J’espère que non. Je suis excitée, émue et chanceuse d’avoir lu tous ce suivie intense, chaleureux et ce partage privilégié. Je souhaite à cet album un long chemin. Je serai plus attentive car le partage que vous m’avez fait vivre donne à cet album un couleur différente des autres. Une sensation d’une naissance avenir, un moment positif dans la vie. Un énorme merci et une grande reconnaissance d’avoir pu vivre tous ces moments avec vous à travers vos mots intenses.
Merci Sofiane pour avoir partagé avec nous presque chaque pas sur ce chemin de création. De avoir laissé entrer dans ta maison, tes pensées, ton procès, ton âme.
Je me sens émue en lisant chaque lettre, je l’attends avec impatience et je n’arrive même pas à nommer les émotions qui m’accompagnent dans l’attente de nouveau album. C’est un honneur. 7 jours ❤️