Au fil de milliers d’heures passées à composer, j’ai compris une chose essentielle : on ne peut pas contrôler la créativité, mais on peut façonner la routine qui la fait naître.
La plupart de mes journées à Los Angeles commencent avec un espresso face à la vue.
J’aime être prêt avant le lever du soleil pour contempler le spectacle qui se déroule devant moi. J’aime sentir chaque nouveau jour arriver à la vie, et avoir l’impression d’être éveillé avant la ville.
Puis vient le piano.
Pendant longtemps, je m’entraînais huit heures par jour. Après des années à ce rythme, au moment où j’ai senti connaître suffisamment mon instrument pour franchir un cap, j’ai changé d’approche.
Aujourd’hui, je ne vais au piano que lorsque je ressens un désir profond.
Les jours de concert, je ne joue pas les morceaux que je vais interpréter le soir.
Je veux les sentir frais, et les laisser naître pour la première fois de la journée devant le public.
Quand je compose, je suis comme un lion en cage.
Je tourne autour du piano, je réfléchis, j’absorbe.
Le piano est proche, toujours prêt, mais je ne m’assois que lorsque l’élan devient vital.
Cette manière de composer a façonné tous mes voyages. Partout où je vais en tournée, je demande un piano dans mes suites. Il doit toujours être près de moi, disponible pour capturer une étincelle d’inspiration qui arrive souvent la nuit.
Je peux passer de ne pas appuyer sur une seule touche à jouer comme si ma vie en dépendait. J’adore sentir mes doigts brûler du désir de sculpter le clavier.
Quand la passion est là, je peux rester des heures à chercher, essayer, échouer, trouver.
Si un flux naturel de jeu me traverse, je continue.
Si mon esprit devient flou, j’arrête de forcer.
Dès qu’une idée arrive, je l’enregistre sur mon téléphone. Une poignée de notes, un accord, un croquis.
Plus tard, je réécoute ces idées.
Je préfère le faire en pleine nature, en marchant à Runyon Canyon par exemple.
J’arpente ses collines en écoutant mes mélodies inachevées.
Changer d’environnement est une autre manière de garder de la clarté.
Au bout du chemin, je m’arrête souvent pour un smoothie.
C’est devenu un rituel. Les rituels sont un pilier de la créativité.
Associer des moments et des goûts à la création a un vrai impact sur mon esprit.
Si je ne sors pas marcher, je fais ma séance de sport sur la terrasse.
Un entraînement quotidien avec Los Angeles en toile de fond.
La créativité circule mieux quand le corps se sent fort et sain.
J’aime rencontrer des personnes inspirantes dans des lieux choisis. Je croise souvent des artistes que je ne m’attendais pas à voir. Des chanteurs, des stylistes, des acteurs, des humoristes. On parle de ce que l’on crée chacun de notre côté. Ces conversations nous nourrissent autrement.
La création vit entre l’isolement et les rencontres.
Le soir, je regarde des films liés aux thèmes que j’explore.
J’essaie d’en voir un par jour.
Le cinéma est une immense source d’inspiration. Une histoire, une couleur, un moment, un silence… un détail peut révéler un sentiment, une mélodie, une direction.
Je vous écrirai une lettre entière sur ce sujet. J’ai tellement de films à recommander.
La nuit, je vais souvent regarder l’océan à Malibu ou Santa Monica.
Chaque fois que je m’assois face à cette immensité, je sens l’album se déposer un peu plus en moi.
À travers ce mode de vie, un monde de personnalités, d’arts et de paysages trouve sa place dans mon piano.
Sincerely,
Sofiane Pamart
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Passionné et hypersensible, émotif et romantique, âme du monde et nostalgique, grand poète et sentimental, un rêveur les pieds sur terre ! C’est pas banal..💞love
Merci de partager, pour ceux qui voudraient emboîter le pas je crois que c'est très intéressant, instructif et important...